Chaque année, c’est un peu le même manège. Arrive le printemps, et j’ai des envies de vert. Du vert partout.
Je veux du vert sur les arbres. Dans mon appart’. Sur ma page facebook. Courges et panais, dégagez, on se revoit à l’automne quand vous m’aurez bien manqués !
Mais, j’oublie que le printemps est du genre tardif, au Québec. Du genre à se faire désirer. Quelques bourgeons timides –très timides– pointent le bout de leur nez, en attendant l’explosion estivale. Alors, pendant que la nature se décide, je mets le vert dans mon ventre.
Birri et ses Birriettes, au marché Jean Talon ;)
C’est Brigitte qui m’a soufflée l’idée d’une visite au marché (elle vous explique pourquoi sur son blog !) à la rencontre de ceux qui travaillent la terre, la cultivent et nous nourrissent.
Birri est connu comme le loup blanc (en salopette verte !) au marché Jean Talon et, c’est chez lui, que chaque fois, je fais le plein de vert : fines herbes, fèves, pois, cresson… ça arrive, guys !! Et bientôt –signe ultime que le printemps sera bel et bien là– les asperges du Québec viendront à nous !
Quand je suis revenue à la maison avec tout mon vert dans mon panier à vélo, une recette m’obsédait : ces farfalle toutes vertes accompagnées de bonne burrata crémeuuuse ! (Aaaah la burrataaaaa! ???)
C’est drôle, parce qu’en les cuisinant, je me suis rendue compte qu’elles étaient un genre de mash-up entre deux recettes de mon livre : les spaghettis au pesto, têtes de violons et pois mange-tout (p. 142) et les Orechiettes aux asperges, coeurs d’artichaut et burrata (p. 146)… deux recettes très bonnes, très vertes, toutes deux cuisinées lors de printemps précédents ! AH BAH TIENS !
J’ai d’abord pensé : « Je suis tellement prévisible ! » Mais, au lieu de me fustiger à base de « je fais toujours la même chose gnagnagna », je me suis dit que je devais avoir une bonne raison de vouloir manger ça exactement maintenant.
Deux très bonnes raisons, en fait. La première –et que l’industrie agroalimentaire a trop tendance à vouloir nous faire oublier– : C’EST LA SAISON ! La deuxième : TON CORPS TE PARLE Christelle, écoute-le au lieu de (beaucoup trop souvent) le contredire.
Car, j’ai fait un constat au Mexique. (Pas parce que j’étais dans le sud entrain de bronzer et de me faire piquer par des moustiques. Non. Parce que j’ai pris le temps de penser à moi, ce que je voulais, comment faire les choses, la vie, mon travail, tout ça…) Un constat assez terrifiant et pourtant si… commun : depuis que je travaille à mon compte, je prends moins soin de moi. ? Ça va du truc tout con, exemple : j’ai juste une paire de jeans à me mettre (j’ai vraiment juste 1 paire de jeans, ce n’est pas une figure de style ou un truc de fille qui dit qu’elle a rien à se mettre) à j’ai l’impression de travailler tout le temps. Trop. Sans m’accorder assez de pause. Sans faire assez de sport. Sans voir assez d’autres humains. Vous savez, la sensation de ne jamais arrêter ? D’être un petit hamster qui spinne ?
La solution est simple, vous me direz. Déjà, va magasiner. Et fais du sport. Deux choses que j’ai recommencé à faire depuis mon retour. :P
Seulement, quand je m’accorde ce temps pour moi, je me sens souvent coupable. Aaaah on y arrive : la maudite culpabilité ! Vous voyez, c’est tout un système de pensée de passionnée-workaholic que je dois renverser. Parce qu’il y a de ça aussi, ne nous le cachons pas…
Bref, si je n’ai pas encore la solution, j’ai déjà décidé d’écouter plus mon corps. Et encore plus mon instinct (je l’ai contrarié en avril, et bo-boyyy, j’aurais pas dû). Aussi, quand il m’a demandé de lui cuisiner cette ôde au printemps, j’ai dit oui.
Et ça n’a pas déçu.
Ces pâtes étaient démentes.
Et « sooooo Fresh! », comme a dit l’Homme.
Take care of you, comme disent nos amis anglos. C’est ce qu’il y a de plus important !
Je vais m’acheter des jeans et vous dis à bientôt ! ?
Montrez-moi vos farfalle de l’ôde au printemps (et aidez-le à se pointer !) sur les médias sociaux : #christelleisflabbergasting
PS : J’OUBLIAIS ! Vous êtes passionné-e de stylisme et photo culinaire ? Vous voulez choper quelques petits trucs pour améliorer la présentation de vos plats ? Je donne un atelier de stylisme culinaire chez Cuisines Steam, le 4 juin prochain, à Montréal. Il reste encore quelques places et ça me ferait (évidemment) trop plaisir de vous voir ! Toutes les infos sont par ici !
Ce billet est réalisé en collaboration avec Cuisines Steam, pour qui je développe des recettes pour chaque saison. Tout le contenu et les opinions exprimés dans ce billet sont, comme toujours, les miens.
Les farfalle de l'ôde au printemps
Pour 4 personnes
INGRÉDIENTS
165 g (1/3 lb) de farfalle (ou autres pâtes courtes de votre choix)
2 douzaines d’haricots verts (fèves vertes), parés
130 g (1 tasse) de petits pois, frais ou surgelés
80 g (½ tasse) d’edamames (fèves de soya) surgelés et décortiqués
Les pointes de 1 botte d’asperges (ou peut également utiliser les tiges parées, ou les réserver pour une frittata, par exemple)
1 poignée de cresson
1 échalote verte
Quelques feuilles de basilic et menthe fraîches (essentiel !) et micro-pousses de votre choix (facultatif)
1 grosse boule de burrata (env. 250 g/½ lb) ou de mozzarella di Buffala du Québec
Un généreux filet de votre meilleure huile d’olive
Le jus de 1 gros citron (et le zeste, si vous voulez !)
Sel et poivre du moulin
DO IT YOURSELF
1. Dans une grande casserole d’eau bouillante salée, cuire les farfalle selon les instructions de l’emballage, ou jusqu’à ce qu’elles soient al dente. Égoutter. Réserver.
2. Dans des petites casseroles d’eau bouillante, mettez un peu de bicarbonate de soude (pour fixer la belle couleur verte !), blanchir vos légumes verts, jusqu’à ce qu’ils soient cuits, mais encore croquants. Cuire environ 8 minutes après la reprise de l’ébullition pour les haricots, 4 minutes pour les petits pois et edamames, et 3 minutes pour les pointes d’asperges. Égoutter. Passer sous l’eau froide pour arrêter la cuisson. Bien égoutter de nouveau.
3. Disposer les farfalle dans un grand plat de service. Recouvrir des légumes verts. Parsemer de cresson, d’échalote verte finement ciselée, de feuilles de basilic et de menthe et de micro-pousses.
4. Déchirer la burrata en gros morceaux au-dessus du plat. Arroser généreusement d’huile d’olive et de jus de citron. Saler, poivrer et savourer le printemps immédiatement !
NOTES :
• On peut cuire les petits pois et edamames dans la même casserole ou seulement utiliser des petits pois ou des edamames.
• J’adore manger ces pâtes chaudes (dans ce cas, la mise en place de vos ingrédients est votre alliée !) ou même tièdes, à température ambiante (surtout pas réfrigérées !).









6 Commentaires
Oh ouiiii du vert! Dans l’assiette et dans le jardin, j’en rêve aussi. Ça a l’air trop bon.
Ouiiii ! La burrata et le vert bien croquant rendent tout meilleur ! :)
Pfff, depuis que j’habite sur le Plateau, je prends plus du tout le temps d’aller au marché Jean-Talon alors que j’y allais chaque semaine avant, c’est un peu nul, parce que là je suis en gros craving de farfalles du printemps, ça y est.
Aaah moi aussi, c’est un des trucs qui me manque le plus le marché. En fait, c’est un des « drames » de ma vie montréalaise de ne pas habiter près d’un marché… mais bon, il y a pire et on ne peut pas tout avoir ! Heureusement, reste mon fidèle vélo pour rouler jusqu’au marché ! C’est tellement agréable ! :)
Cela donne faim :-)
Merci soeur de prénom ! :-)