Tout a commencé avec cette photo. Beauuuu. Puis celle-ci. Encore plus beauuuuu.

Puis, la semaine dernière, je me suis surprise à feuilleter le numéro de Pâques du magazine de Martha Stewart. Croyez le ou non : ça m’inspirait ! En tendant bien l’oreille, j’aurais pu entendre tous mes potes mecs (et l’Homme) se moquer de moi à des kilomètres à la ronde : voilà, je suis une fille qui trouve les trucs de Martha trop cuuuute. Je deviens une matante ringarde. Même les jeunots à la SAQ me disent plus souvent « Madame » que « Mademoiselle » et je ne me suis pas fait carter depuis plus d’un an… bof, j’ai le droit de feuilleter le magazine de Martha, d’abord. Mais bon, je m’égare.

Toute cette déferlante de couleurs et d’oeufs m’ont rappelés que Pâques arrivait… J’oublie toujours quand c’est Pâques, et cette année je n’ai pas le courage de me lancer dans la préparation de maamouls (mais je vous y encourage !! L’envie me reviendra sûrement plus tard… C’est comme pour la galette des rois, j’ai toujours envie d’en manger et d’en faire juste quelques jours après l’Épiphanie… ce qui explique pourquoi je n’arrive jamais à poster de recette de galette à temps sur ce blog). Mais bon, je m’égare (encore).

J’avais envie d’oeufs colorés. Et de brioche. Car Pâques pour moi, en plus des maamouls, auxquels vous avez donc eu le droit l’année dernière, c’est aussi le tcheurek. Le tcheurek (en Arménien, et Tsoureki, en Grec) c’est cette brioche traditionnelle de la Pâque Orthodoxe si subtilement parfumée au mahlab (je vous en reparle dans deux minutes) et décorée d’oeufs durs teints (traditionnellement rouges). Quand tu commences avec le tcheurek, tu ne peux plus t’arrêter.

Jusqu’alors, je croyais ne pas pouvoir m’arrêter d’en manger :

a) Parce que j’étais possiblement un peu trop gourmande

b) À cause du tour de main expert de ma grand-mère ou de ma mère qui savent rendre cette brioche irrésistible. J’ai souvent assisté à la sortie de four des dites brioches, j’avais le droit d’en manger une part encore un peu chaude, qui te brûle les doigts et l’oesophage, mais tant pis, c’est encore meilleur quand c’est chaud… (ça pourrait compter comme une autre raison)

c) Parce qu’en plus il y a des oeufs durs, et quand on a mangé trop de brioche, c’est sympa de se rincer le gosier avec un oeuf (mais oui !! Voyons, ne faites pas vos fines bouches !)

L’oeuf dur, c’est un peu le cadeau Bonux du tcheurek. Avec un jeu rigolo à la clef.
La tradition veut que deux adversaires s’affrontent face à face, un oeuf à la main. Il y en a un qui tape et l’autre qui se fait taper (comme dans la vie)(bah oui ! On ne vit pas chez les Petits Poneys sur Christelle is flabbergasting). Celui dont la coquille de l’oeuf se fend en premier perd (oooohhhh), et l’autre (l’oppresseur) peut aller taper sur d’autres oeufs… jusqu’à ce qu’il perde à son tour.

Ça a l’air de rien comme jeu, mais croyez-moi, j’en ai fait des tournois d’oeufs quand j’étais petite. Il y a même une année où j’avais un super-oeuf INCASSABLE, je l’ai gardé… pouf… au moins 1 semaine (je précise qu’à ce stade il ne faut plus le manger, hein)… Tous mes cousins croyaient que je trichais… que l’oeuf était en bois… Et le jour où il s’est cassé… … ben il s’est juste cassé quoi, j’allais pas pleurer pour un oeuf. D’autant plus, qu’il y avait des Kinder. héhéhé

Alors oui, toutes ces raisons rendent cette brioche de Pâques din-gue, mais si vous n’avez pas la chance de tomber sur une ou mère ou une grand-mère experte ou un super-oeuf, vous serez quand même un héros aux yeux de tous et de vos papilles en ajoutant du mahlab à la préparation.

Le mahlab (ou mahlep, macklepi) est une épice (on la trouve sous forme de poudre plus ou moins grumeleuse) tirée de l’amande qu’on trouve au coeur des cerises noire
Son goût est unique et se trouve à mi-chemin entre celui de l’amande amère et de la cerise. Le mahlab a un goût assez prononcé, alors on s’en sert en petite quantité (à Montréal, on en trouve chez Épices Anatol, 6822 bvd St Laurent, proche de la Petite Italie).

Et c’est donc le mahlab qui donne ce goût de reviens-y-dès-que-tu-peux-au-diable-les-kilos à cette brioche. Voilà. The secret is out.

De la même façon que je vous interdisais de faire ma recette d’osso-buco sans gremolata (sacrilège !), je vous interdis de faire le tcheurek sans mahlab. Je sais, j’ai l’air despotique à vous donner des ordres comme ça, mais… vous n’avez surtout pas envie de m’affronter dans un duel d’oeufs durs !

D’ailleurs, si vous perdez contre moi, la meilleure chose à faire sera de manger votre oeuf avec un peu de sel et de poivre (la simplicité à son meilleur) et d’aller acheter du mahlab pour préparer cette brioche !

Joyeuses Pâques mes lapins !