vendredi 31 décembre 2010

Se souvenir des belles choses



Le dernier billet de l’année.
Une année de photos.
Une année de mots.
Une année de cuisine.

Je ne vais pas vous la jouer « bilan » (bon, un peu…) mais c’est important pour moi d'écrire ce genre de billet (même si j’imagine qu’après une dizaine de billets lus sur tous les blogs, vous en avez peut-être marre de lire les bilans de vie de chacun).
Mais vraiment, je trouve ça important.
Pour se rappeler. De ce qu’on a fait. De ce qu’on a créé. Dans mon cas : de pourquoi j’ai un blog (je vais vous passer les détails de ma vie privée !)

J’ai relu mes billets de la catégorie « je pose un certain regard sur mon année » (ou « bonnes résolutions », appelez-les comme vous voulez) de 2008 et 2009, et vous savez, je me dis quand même : « ha ben, quel chemin parcouru ! » et heureusement, parce que vous ne voudriez pas avoir affaire à la Christelle qui aurait fait du "sur place".

L’année 2010 pour moi a été l’année où je me suis vraiment mise à bloguer. Je veux dire, vraiment. À faire ce que j’aimais surtout. À foncer dans ce que je pressentais être une passion grandissante : la photo culinaire.

Il y a un an, je n’aurais pas cru à toutes les bonnes choses et les belles rencontres (virtuelles ou bien réelles) que j’ai fait cette année. Je voyais la « blogosphère » comme un collant opaque dans lequel je ne pourrais jamais enfiler mes jambes sans que ça ne gratte. Je me trompais.

Je n’imaginais pas :
Le merveilleux feedback de lecteurs/ blogueurs/ photographes…
Les propositions de collaborations excitantes
Que tout le monde autour de moi allait savoir que j'avais un blog
L’article dans La Presse
Le passage à la télé
Mes photos publiées (j’ai oublié de vous parler de Flare et Porter Magazine) (voilà, c’est fait)

Je n’imaginais pas non plus les belles rencontres et échanges :
Il y a eu d’abord Émilie, « ma sœur de blog » dont j’admire vraiment le travail qu’elle fait sur Griottes. Elle a de la suite dans les idées, elle ira loin, suivez-là.

Puis au détour d’une fameuse soirée, j’ai rencontré Annie, Valérie puis Charlotte, trois blogueuses Montréalaises qui sont pour moi devenues bien plus que de simples blogueuses. Ce sont des filles de talent, pleines d’esprit et qui en veulent.

De blogs en blogs, d’échanges en échanges, j’ai découvert Aline, « Parigote », Amélie, Aurélie, Diane, Nathalie, Laëtitia, Nawal, (j’en oublie sûrement…) d’autres comparses de blog de cuisine dont les superbes blogs sont des sources d’inspiration constante.

Et puis, là, débandade : on découvre, on papote, un horizon de blogs et de gens trop géniaux s’ouvrent à vous et vous finissez par updater votre blogroll et en faire des articles tellement vous aimez.

Enfin, j’aimerais tout particulièrement remercier Fanny et Clotilde. Elles savent pourquoi je pense. J’espère. Nan, parce que j’arrive même pas à mettre de mots sur ça sans que ça sonne immensément cul-cul ou bancal.

En 2010, j’ai trouvé ma réponse à « pourquoi bloguer ? ». Pour partager, tout simplement.
Alors, j’espère continuer à partager encore mieux pour 2011. À m’améliorer. À me surpasser. À me trouver (et ouais, c’est pas gagné !)



Pour ce dernier article, j’avais envie de vous faire un « wrap-up » de toutes mes photos (au passage un bon moyen pour moi de voir que, OUF, j’ai progressé), mais c’est vrai qu’après tout, il y a les archives… À la place, j’ai créé un petit calendrier 2011 avec 12 photos de recettes postées sur le blog cette année. Ce calendrier est en fait ma carte de vœux que je vais envoyer à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont participé à cette grande aventure bloggesque et m’ont fait confiance (les photos prises au coucher du soleil alors que je devrais me préparer pour le réveillon ne rendent pas justice au calendrier) Mais, en préparant ce billet, je me suis dit que ça serait bien de vous en faire profiter, vous, mes petits poulets, alors si vous voulez que je vous envoie le pdf, laissez-moi juste un p'tit commentaire avec une adresse mail valide, et ce sera mon modeste cadeau pour vous remercier ! (ça c’est du goodie !)

Merci encore à tous. J’ai pleins d’idées déjà. Des trucs cools qui arrivent pour le blog. Je me souhaite et vous souhaite une année pleine de beaux projets et de rêves qui vont se concrétiser.

* Merci à Zabou Breitman pour l'inspiration évidente de mon titre... hem...

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lundi 20 décembre 2010

Les desserts simples : mel i mató



Ça fait longtemps que ça me trottait dans la tête : vous préparer une série sur les desserts simples. Ces desserts qui prennent vraiment deux minutes et trois secondes à réaliser. Où l'on a pas besoin de recette, tellement c'est facile. Seulement, il faut y penser.



Je vous avais demandé sur Facebook et Hellocoton quelles recettes vous aimeriez retrouver sur le blog, et vous n'aviez fait que confirmer cette idée (ça, et continuer à cuisiner du sucré, du salé, proposer une recette de tarte au citron meringuée et des blinis- non, je n'oublie pas, je vous jure !) Le premier dessert de la série que je vous propose aujourd'hui n'a donc pas vraiment besoin de recette, et vous l'aurez deviné -contient du miel.




Il s'agit en fait juste de ricotta servie avec un généreux trait de miel. Bah oui, c'est tout bête.  J'ai essayé de chercher plus loin (ou peut toujours rajouter quelque chose : des pignons de pins, des cerneaux de noix...), mais non vraiment je ne pense pas que ça soit nécessaire : ces deux ingrédients se suffisent à eux-mêmes et se subliment.





La belle simplicité de ce dessert, je l'ai découverte en Catalogne ou le mel i mató (littéralement miel et fromage) est un vrai dessert assumé (au même titre que la crème Catalane). Le mató est en fait un fromage blanc de lait de brebis caillé qui donne un yaourt assez ferme avec un petit goût acide : il s'en vend même chez Carrefour (prononcez "caRRRéééfour") à Barcelone ! J'étais gaga de ce truc et en manger aujourd'hui me rappelle encore quelques bons souvenirs.



Aussi, au milieu des notes blanches et or de ce dessert, vous aurez remarqué que se sont glissées des photos toutes blanches, elles, de Montréal sous la neige (ah ça fait mal après avoir parlé de Barcelone, hein ?), d'une balade au Parc Lafontaine, d'une main glacée d'avoir voulu jouer avec la neige (appelez-moi Christelle, photographe de l'extrême) et d'une petite surprise poilue... juste plus bas !



(Hop !) (je suis fan de ce petit bond que j'ai réussi à capturer !)

Enfin, je ne pense pas avoir l'occasion de poster un billet avant Noël, alors je vous souhaite à tous de trèèèès joyeuses fêtes ! Point de vergogne à faire péter un bouton ou deux, les repas des fêtes sont là pour ça ! On se retrouve après la tourtière et le ragoût de boulettes ! ;)

***
La non-recette du Mel i Mató

- Fromage frais type ricotta, mató ou brocciu
- Miel (au goût : de lavande, d'acacia...)

Verser le fromage frais dans un bol. Arroser généreusement de miel... Après, vous savez quoi faire !

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jeudi 16 décembre 2010

Soupe Laska {et le carnet d'automne n°2}



Vous vous souvenez de la tartelette framboises et myrtilles puissance 8 ?
Aujourd'hui la belle brochette de blogueuses (+ deux nouvelles) vous reviennent avec le carnet °2 et une nouvelle recette qui se prête bien aux températures hivernales de cette fin d'automne (en tout cas au Québec) : la soupe Laska. Les deux ingrédients principaux de cette soupe sont la courge et le riz, ce qui en fait un plat vraiment très consistant et réconfortant.




Cette soupe nous vient du chef Anglais Jamie Oliver et notre défi était encore une fois de réaliser la recette en substituant ou en ajoutant l'ingrédient de notre choix. La recette originale de l'ami Jamie utilise du potimarron, mais comme je n'en trouvais pas, je l'ai remplacé par une courge poivrée dite "acorn" qui a un goût de noisette très agréable.




Pour parfumer encore plus cette soupe aux accents Thaïlandais, j'ai également rajouté des feuilles de kéfir dans le bouillon (voir mes notes dans la recette) et des graines de cumin. Aussi, vous remarquerez peut-être que j'ai encore réalisé cette série photo avec ma planche de bois (vestige de mon ancien balcon !) et mes petits soupirs de bébé (oui, c'est le doux sobriquet de ces petites fleurs blanches- j'avoue j'ai craqué rien qu'au nom, elles sont partout chez moi en ce moment : bureau, salle de bain, table de chevet !) (d'ailleurs une amie doit me faire mon éducation florale et m'apprendre le nom des fleurs que je ne connais que trop peu *tousse* *tousse*) (oui cette note n'avait rien avoir avec le billet).



Et voici donc mon humble participation photographique au projet ! Ça vous plait ? N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires si vous testez la recette ! (ou sur les photos d'ailleurs !)
Bien sûr, il faut aussi aller voir les photos de mes autres copines blogueuses (non, vous n'avez pas le choix !) :

- Chez Griottes (pour aussi télécharger le livret de recettes avec toutes les photos)
- Chez Les Carnets d'une Connasse Parisienne
- Chez Melopapilles
- Chez Sooishi
- Chez Pause Gourmande en Provence
- Chez les Mi'dinettes
- Chez Cdubeau!
- Chez I love cake



À bientôt !

***
Recette de la soupe à la courge poivrée
(inspirée d'une recette de Jamie Oliver)

Pour 6 à 8 personnes :

- 600 g de chair de la courge de votre choix (potiron, potimarron, citrouille, butternut, poivrée, etc.), pelée et sans pépin

Épices :
- 2-3 piments épépinés et finement émincés
- 2 gousses d'ail pelées et finement émincés
- 2 morceaux de gingembre frais de la taille d'un pouce
- 3 tiges de citronnelles épluchées
- 1 grosse poignée de coriandre fraîche + les tiges hachées
- 1 cuillère à café de mélange 5 épices
- 1 cuillère à café de cumin moulu (j'ai également ajouté quelques graines de cumin)
- 2-3 feuilles de kaffir* (facultatif)
- Huile d'olive
- 1 oignon blanc pelé et finement émincé
- sel et poivre

- 55 cl (2 tasses) de bouillon de volaille ou de légumes
- 200 g (1 tasse) de riz basmati
- 80 cl (deux conserves) de lait de coco
- Le jus d'1 ou 2 citrons verts
- Ciboulette et coriandre fraîche pour la décoration

Do It Yourself:

Commencez par couper la chair de la courge en morceaux d'environ 5 cm (2 pouces) de coté. Pour préparer le fond de base, hachez les piments, l'ail, le gingembre, la citronnelle, les tiges de coriandre, le mélange 5 épices et le cumin, jusqu'à obtenir un mélange assez pulpeux**. Éliminez toutes les petites tiges fibreuses qui pourraient rester. Versez cette préparation dans une poêle à bords hauts en ajoutant un peu d'huile et l'oignon. Faites cuire gentiment en remuant souvent pendant 10 minutes environ.

Ajoutez la courge dans le fond de la poêle. Mélangez en grattant bien le fond. Portez à ébullition, puis laissez mijoter à couvert pendant 15 minutes, le temps que la courge se ramollisse. À ce stade, rajoutez le riz et le bouillon, mélangez bien. La courge va commencer à se déliter mais il restera encore quelques morceaux. Poursuivez la cuisson, à petit feu et à couvert, le temps que le riz soit cuit. Enlevez alors le couvercle, versez le lait de coco, mélangez, goûtez et assaisonnez délicieusement en sel et poivre. Pour relever un peu la recette, ajoutez le jus de citron vert, en dosant bien en fonction du goût.

Servir avec les feuilles de coriandre fraîches et de la ciboulette fraîche sur le dessus.

Notes sur la recette :

* Les feuilles de kaffir (ou kéfir) appelées aussi combava, feuilles de citronnier ou feuilles de lime ont un divin parfum entre la bergamote et la citronnelle et sont LE truc qui donnera un goût résolument Thaï à vos plats. On trouve ces feuilles dans les épiceries Asiatiques. Achetez-les fraîches (bien meilleures) et congelez-les en petites quantités. À ressortir au moment voulu pour parfumer les soupes ou les curry !

** Je préfère seulement faire infuser la citronnelle puis la retirer de la préparation, car je la trouve trop dure et fibreuse. Pour info, on utilise seulement la partie blanche de la citronnelle (soit environ 6 cm (env. 3 po)) en partant de la base, on retire les premières couches et on coupe en gros morceaux afin de pouvoir les retirer plus facilement après la cuisson.

La recette est très épicée et relevée : attention à doser le piment au goût ! (O)_(O)'

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lundi 13 décembre 2010

Mini-guide de Toronto {bonnes adresses}




Les voici ! Les voici mes *quelques* bonnes adresses de Toronto ! Pour ceux qui auraient raté les billets et bonnes adresses de ma première visite, vous pouvez retrouver tous mes précédents posts sous l'onglet Toronto (ou en cliquant là).

C'est sûr, je suis retournée à pleins de beaux et chouettes endroits que j'avais apprécié la première fois, mais j'ai aussi découvert de nouvelles pépites et reste définitivement conquise par cette grande ville ! (but my heart belongs to Montreal, you know).


Nata Portugaise et café latte au Luis Coffe Shop

Au cœur de Kensington Market, il y a eu d'abord ce petit café de rien qui fait un angle : le Luis Coffee Shop. Il doit y avoir douze places assises maximum dont huit autour du comptoir qui longe la baie vitrée et qui permet de regarder les passants qui courent dans le froid, pendant qu'on est à l'abri sous un toit un peu croche, à se tartiner les lèvres de mousse de café latte et se faire bronzer les joues par les rayons du soleil.




Cube Works Gallery dans le Distillery District

Virage dans un tout autre quartier : le Distillery District, où ce sont quelques boutiques sympas, restos, bars et une galerie d'art qui ont pris la place de l'ancienne distillerie d'alcool Gooderham & Worts. L'architecture d'origine en briques rouges a été conservée et donne au lieu une réelle authenticité. La Cube Works Gallery (conseillée par Karine) et ses toiles en rubik cubes ou en bobines de fil valent le coup d'œil et pour le ventre on ira un peu plus loin... chez Soma !








Soma et son laboratoire de chocolat. Soma et ses petits biscuits qui font tous envie. Un beau petit décor et de bons produits : on ne s'attendait pas à trouver ce genre de chocolaterie/ boutique dans le Distillery et pourtant ! Un arrêt parfait pour rapporter des petits cadeaux sucrés.


Croissant et café à The Communal Mule

Le lendemain, j'avais très envie de retrouver ce superbe café devant lequel j'étais passée l'année dernière. Quelque part entre Little Portugal et un presque no man's land au début de Little Italy. Je ne connaissais pas l'adresse. Ni le nom du café. Mais j'avais la chance d'avoir avec moi une amie ultra-motivée pour m'accompagner dans cette quête du parfait-petit-café-trop-mignon-où-tu-veux-rester-quatre-heures-à-refaire-le-monde.





Et je ne sais pas si c'était vraiment le café de mes souvenirs, mais celui-là s'approchait pas mal de la perfection. The communal Mule : longues tables en bois, décoration chinée, chaises dépareillées, vieilles affiches, ambiance arty-cool-on-aime-la-typographie-et-le-design et on aime siroter de bons cafés en mangeant des viennoiseries maison. Le petit café où on est tout le temps fourré quand on a la chance d'habiter à côté. Je recommande !! D'autant plus qu'on est pas loin du Petit Portugal, de la Petite Italie et que la rue Dundas West est vraiment chouette dans son ensemble (des boutiques, des cafés et des galeries cools en-veux-tu-en-voilà !)




Enfin, la visite a continué, la marche aussi... Épuisées, on fini par aller écouter un concert de musique Irlandaise au café-bar du Gladstone Hotel et retourner (encore une fois :D) sur Ossington street pour manger un bon petit plat au restaurant Delux... (Je n'ai pas sorti mon appareil photo parce que trop de fatigue et de faim, mais j'ai dévoré mon assiette en me disant qu'il ne faudra pas oublier de recommander à mes lecteurs chéris les beignets maisons (the best in town!) accompagnés de caramel et de crème fouettée).

À bientôt TO !

♥ Mes bonnes adresses à Toronto

Luis Coffee Shop 
Coin Baldwin St. and Augusta Ave.

Cube Works Gallery et Soma
Dans le Distillery District, 55 Mill Street

The Communal Mule
984 Dundas St. W. (coin Beatrice St.)

Gladstone Hotel
1214, Queen Street W.
416-531-4635
thegladstonehotel.com

Delux Restaurant
92, Ossington Street
www.deluxrestaurant.ca

Retrouvez ici ma google maps de mes bonnes adresses à Toronto !

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lundi 6 décembre 2010

Sleeha Libanais ou Sainte Barbara



Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'un dessert qui me tient à cœur.
Je sais que j'avais dit que je vous donnais mes bonnes adresses de Toronto, mais bon, on sait qu'une fille ça tient jamais ses promesses, ça sera finalement la semaine prochaine parce que j'ai déjà pris un peu de retard pour vous parler de ce dessert.




Ce dessert, c'est le Sleeha. Alors là, pour l'orthographe, je l'a joue au pif parce que c'est ma traduction phonétique du nom arabe. Le Sleeha ou Sliqua ou Sainte Barbara est un dessert Libanais traditionnel de... et non pas Noël, mais presque ! D'ailleurs, ouvrons une parenthèse, votre hôte rédactrice de ces lignes ayant un esprit de Noël assez limité (le sapin c'est super ok, mais la musique de Noël me donne envie de me pendre), ce n'est pas sur ce blog que vous entendrez parler de calendriers de l'Avent et autre Noëleries, d'autant plus que certaines filles talentueuses le font très bien. Fermons la parenthèse.
Le Sleeha c'est le dessert traditionnel de la Sainte Barbara. Voilà on y est. Enfin, on y était le 4 décembre.



Vous savez ce genre de dessert SACRÉ (et là pour le coup, avec tout le bagage religieux que ce dessert porte sur les épaules, le mot prend tout son sens vous allez voir) qui ne se mange qu'une fois l'an (quand on respecte la tradition) et qu'on attend donc impatiemment. Le dessert auquel j'avais le droit chez ma maman ou ma mamie chaque 4 décembre. Et qui est étrange bizarre particulier mais que j'adore.



Particulier, pourquoi ? Parce qu'il est composé de blé cuit sucré, de grenade (délicieux fruit aux petits rubis rouges !), d'épices, de noix, de noix de coco, d'amandes et de raisins secs. Oui vous avez bien lu : le premier mot c'était blé. Une association peu commune dans les assiettes Occidentales, mais qui trouve donc tout son sens quand on remonte aux origines du dessert. Allez, montez dans ma Delorean que je vous parle de ça. Car, je ne sais pas si je vous l'avais déjà dit, mais je suis passionnée de l'histoire et de l'origine des ingrédients et des recettes. Qu'on retrouve des variantes de recettes dans plusieurs cultures/ pays, moi, ça me fascine. Toutes les images d'un livre d'histoire me viennent en tête !


 (Oh mais qu'est-ce-que c'est ce petit lapin ! Rhooolalala trop mignon !)




Et c'est mon ami Wikipédia (et ma maman aussi) qui m'ont encore une fois éclairé :
Le 4 décembre, au Liban, est commémoré la fuite de Sainte Barbara de la tour où elle était jadis emprisonnée. Aujourd'hui, la tradition veut que les enfants se déguisent et aillent cogner aux portes pour quémander des friandises (ça ne vous rappelle rien ?). Aussi, la légende raconte que lors de sa fuite, Sainte Barbara se soit cachée dans un champs de blé; ainsi, en sa mémoire, les Libanais préparent le Sleeha qu'ils mangent en famille et offrent aux visiteurs. Pour l'occasion, on fait aussi pousser du blé dans les chaumières... Et c'est là que l'histoire devient universelle, car on assiste à ce même genre de commémoration (manger ou planter du blé) un peu partout dans le monde et en France où est fêtée la Sainte Barbara (dite aussi "Sainte Barbe" -mais là j'imagine tout de suite une femme à barbe-) : en Provence ou en Savoie !
Oh, c'est magique ! ^_^




À part le lien sur Wikipédia, les souvenirs de ma mère et quelques articles sur la Sainte Barbara, je n'ai trouvé aucun site ou blog qui avait déjà parlé du dessert (peut-être qu'une orthographe moins approximative m'aiderait aussi);  sauf sur ce blog. J'ai lu que certaines recettes se passaient parfois de grenade, mais c'est selon moi ce qui apporte la fraîcheur et l'originalité à ce dessert. Certains ajoutent deux cuillerées à soupe d'eau de fleur d'oranger et on peut choisir de substituer les noix aux noisettes si on en a envie ou selon les disponibilités.




Pour ma part, j'ai allègrement épicé mon sleeha de cannelle, de girofle et de muscade moulue et j'ai torréfié mes noix et graines d'anis (procurez vous-en une petite quantité, ça parfume subtilement et divinement bien le sleeha !!). Si le cœur vous dit d'essayer ce dessert si original et si chargé d'histoire, n'hésitez pas à m'en faire part, vraiment, ça me fera super plaisir ! Je ne partage que trop peu encore mes recettes de famille (Arméno-Libano-Syrienne, rien que ça !) : pourtant elles ont fait toute mon éducation du goût et ce dessert gagne à être connu !

Enfin, j'aimerais dédier ce billet à Sainte Barbara of course mais surtout à ma mère qui fête son anniversaire un jour après la Sainte Barbara et que j'aime quelque chose comme quatorze mille fois plus encore que ce dessert. Merci pour ta recette ! ❤



***
Recette du Sleeha Libanais ou Sainte Barbara
Dessert de blé sucré, grenade, noix et épices

Portions : pour toute une famille et même les voisins (la diviser de moitié ou du quart si vous en voulez moins). La recette est d'une simplicité désarmante.

- 2 tasses (500 ml) de blé entier ou précuit *
- 2 grenades (c'est la saison !)
- 2 tasses (500 ml) de cerneaux de noix concassés en petits morceaux
- 1 tasse (250 ml) de noix de coco râpée
- 1/2 tasse (100 g) de sucre en poudre
- 1 tasse (250 ml) de raisins secs
- 1/2 tasse (125 ml) d'amandes effilées
- 1 cuillère à soupe (C.S.) de cannelle moulue bien bombée
- 1 C.S. de clous de girofle moulue
- 1/2 C.S. de noix de muscade moulue
- 1 cuillère à café (c.c.) de graines d'anis

Do It Yourself :

- Faire cuire le blé dans une casserole d'eau bouillante jusqu'à ce qu'il soit tendre. Bien égoutter et réserver jusqu'à refroidissement.

- Trancher les grenades: couper les extrémités et découper des quartiers. Dans un bol d'eau, défaire les quartiers de grenade : la grenade tombera dans le fond du bol tandis que la pelure blanche flottera en surface. Une vraie technique de sioux !

- Une fois le blé refroidi, verser dans un bol et ajouter le sucre, la noix de coco râpée, la cannelle, la girofle, la muscade. Mélanger.

- Dans une poêle, à feu moyen, faire torréfier** quelques minutes les noix et les graines d'anis. Laisser tiédir.

- Ajouter la grenade, le mélange de graines d'anis et de noix et les amandes effilées au mélange de blé. Bien mélanger et mettre au frigo. À déguster tiède ou frais à n'importe quelle heure de la journée !

* La recette originale utilise du blé entier qu'il faut bien rincer et cuire environ 45 minutes. Ma maman, qui est une femme des temps modernes,  m'a conseillé d'utiliser du blé précuit (type Ébly) qui se cuit en seulement une dizaine de minutes.

** Torréfier consiste à faire revenir des noix, des épices ou du café à sec dans une poêle pour qu'ils développent leur arômes tout en obtenant un léger goût grillé de noisette.

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