Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un dessert qui me tient à cœur.
Je sais que j’avais dit que je vous donnais mes bonnes adresses de Toronto, mais bon, on sait qu’une fille ça tient jamais ses promesses, ça sera finalement la semaine prochaine parce que j’ai déjà pris un peu de retard pour vous parler de ce dessert.


Ce dessert, c’est le Sleeha. Alors là, pour l’orthographe, je l’a joue au pif parce que c’est ma traduction phonétique du nom arabe. Le Sleeha ou Sliqua ou Sainte Barbara est un dessert Libanais traditionnel de… et non pas Noël, mais presque ! D’ailleurs, ouvrons une parenthèse, votre hôte rédactrice de ces lignes ayant un esprit de Noël assez limité (le sapin c’est super ok, mais la musique de Noël me donne envie de me pendre), ce n’est pas sur ce blog que vous entendrez parler de calendriers de l’Avent et autre Noëleries, d’autant plus que certaines filles talentueuses le font très bien. Fermons la parenthèse.
Le Sleeha c’est le dessert traditionnel de la Sainte Barbara. Voilà on y est. Enfin, on y était le 4 décembre.

Vous savez ce genre de dessert SACRÉ (et là pour le coup, avec tout le bagage religieux que ce dessert porte sur les épaules, le mot prend tout son sens vous allez voir) qui ne se mange qu’une fois l’an (quand on respecte la tradition) et qu’on attend donc impatiemment. Le dessert auquel j’avais le droit chez ma maman ou ma mamie chaque 4 décembre. Et qui est étrange bizarre particulier mais que j’adore.

Particulier, pourquoi ? Parce qu’il est composé de blé cuit sucré, de grenade (délicieux fruit aux petits rubis rouges !), d’épices, de noix, de noix de coco, d’amandes et de raisins secs. Oui vous avez bien lu : le premier mot c’était blé. Une association peu commune dans les assiettes Occidentales, mais qui trouve donc tout son sens quand on remonte aux origines du dessert. Allez, montez dans ma Delorean que je vous parle de ça. Car, je ne sais pas si je vous l’avais déjà dit, mais je suis passionnée de l’histoire et de l’origine des ingrédients et des recettes. Qu’on retrouve des variantes de recettes dans plusieurs cultures/ pays, moi, ça me fascine. Toutes les images d’un livre d’histoire me viennent en tête !


(Oh mais qu’est-ce-que c’est ce petit lapin ! Rhooolalala trop mignon !)


Et c’est mon ami Wikipédia (et ma maman aussi) qui m’ont encore une fois éclairé :
Le 4 décembre, au Liban, est commémoré la fuite de Sainte Barbara de la tour où elle était jadis emprisonnée. Aujourd’hui, la tradition veut que les enfants se déguisent et aillent cogner aux portes pour quémander des friandises (ça ne vous rappelle rien ?). Aussi, la légende raconte que lors de sa fuite, Sainte Barbara se soit cachée dans un champs de blé; ainsi, en sa mémoire, les Libanais préparent le Sleeha qu’ils mangent en famille et offrent aux visiteurs. Pour l’occasion, on fait aussi pousser du blé dans les chaumières… Et c’est là que l’histoire devient universelle, car on assiste à ce même genre de commémoration (manger ou planter du blé) un peu partout dans le monde et en France où est fêtée la Sainte Barbara (dite aussi « Sainte Barbe » -mais là j’imagine tout de suite une femme à barbe-) : en Provence ou en Savoie !
Oh, c’est magique ! ^_^


À part le lien sur Wikipédia, les souvenirs de ma mère et quelques articles sur la Sainte Barbara, je n’ai trouvé aucun site ou blog qui avait déjà parlé du dessert (peut-être qu’une orthographe moins approximative m’aiderait aussi);  sauf sur ce blog. J’ai lu que certaines recettes se passaient parfois de grenade, mais c’est selon moi ce qui apporte la fraîcheur et l’originalité à ce dessert. Certains ajoutent deux cuillerées à soupe d’eau de fleur d’oranger et on peut choisir de substituer les noix aux noisettes si on en a envie ou selon les disponibilités.


Pour ma part, j’ai allègrement épicé mon sleeha de cannelle, de girofle et de muscade moulue et j’ai torréfié mes noix et graines d’anis (procurez vous-en une petite quantité, ça parfume subtilement et divinement bien le sleeha !!). Si le cœur vous dit d’essayer ce dessert si original et si chargé d’histoire, n’hésitez pas à m’en faire part, vraiment, ça me fera super plaisir ! Je ne partage que trop peu encore mes recettes de famille (Arméno-Libano-Syrienne, rien que ça !) : pourtant elles ont fait toute mon éducation du goût et ce dessert gagne à être connu !

Enfin, j’aimerais dédier ce billet à Sainte Barbara of course mais surtout à ma mère qui fête son anniversaire un jour après la Sainte Barbara et que j’aime quelque chose comme quatorze mille fois plus encore que ce dessert. Merci pour ta recette ! ❤